Covid-19, ce qu’il faut savoir cette semaine : les enfants démasqués

L’obligation du port du masque sera levée à l’école primaire dans certains départements mais le passe sanitaire est maintenu sur tout le territoire.

Bonjour,

Le bruit courait la semaine dernière de la fin du passe sanitaire dans les territoires où le virus circule faiblement. Eh bien non. Le gouvernement a tranché hier pour un allègement des restrictions plus léger: la fin du masque obligatoire pour les enfants à l’école là où le taux d’incidence est inférieur à 50 cas pour 100.000 habitants, c’est-à-dire aujourd’hui 41 départements, peut-être un peu plus d’ici le 4 octobre. Malgré des indicateurs au beau fixe, le spectre d’une reprise de l’épidémie à l’automne hante encore les bureaux des épidémiologistes. Rien de comparable toutefois avec l’an dernier: aujourd’hui, 50 millions de Français ont reçu une première dose de vaccin. Un taux suffisant pour éviter les mesures les plus drastiques. Se pose encore la question de la vaccination des enfants de moins de 12 ans alors que les laboratoires se disent presque prêts. Pas de précipitation, soulignent les spécialistes.

Bonne lecture,

Camille Lestienne, journaliste au Figaro.


1. Un allègement très limité des restrictions

Aujourd’hui 41 départements peuvent prétendre à un allègement des restrictions. Fig Data

Bas les masques à l’école… mais seulement dans les départements où le taux d’incidence est inférieur à 50 cas pour 100.000 habitants. À partir du 4 octobre, les enfants scolarisés en primaire pourront laisser tomber le masque dans l’établissement. «Le port du masque, notamment pour les plus jeunes enfants, est loin d’être anodin», a rappelé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à l’issue du Conseil de défense réuni mercredi. Les jauges dans les lieux recevant du public seront également levées. Mercredi, 41 départements sur 101 étaient sous le seuil d’alerte.

Haut le passe. Alors que le président de la République avait jeudi dernier laissé entendre une possible levée du passe sanitaire «là où le virus ne circule quasiment plus», le gouvernement a décidé de le maintenir. «À ce stade, il n’y a pas de décision d’adapter le passe sanitaire qui continue à s’appliquer dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui», a annoncé Gabriel Attal. Le passe sanitaire, initialement prévu pour durer jusqu’au 15 novembre, pourrait même aller au-delà. Le premier ministre Jean Castex va présenter un projet de loi en ce sens le 13 octobre prochain en Conseil des ministres.

La fuite du QR code. Après celui de Jean Castex, le passe sanitaire d’Emmanuel Macron a été partagé sur les réseaux sociaux. «On connaît l’origine de la fuite: plusieurs médecins ont fait circuler le QR Code, soit par négligence soit par malveillance», a précisé l’Élysée. Les soignants ont été identifiés, assure la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) en ajoutant qu’«une procédure de saisine des Ordres professionnels est en cours».

2. 50 millions de primo-vaccinés

50 millions de Français ont reçu une première injection de vaccin contre le Covid-19 STEPHANE MAHE / REUTERS

«Le vaccin sauve des vies, le virus tue, c’est simple». C’est par ces mots que vendredi dernier, Emmanuel Macron saluait la primo-vaccination de 50 millions de Français. Un cap atteint avec 17 jours de retard sur l’objectif initial fixé à la fin août. C’est tout de même une victoire puisque, sur près de 58 millions de personnes de plus de 12 ans éligibles, plus de 86% ont désormais reçu au moins une injection. L’étape suivante sera-t-elle la vaccination des enfants? Lundi, les laboratoires Pfizer et BioNTech ont annoncé que leur vaccin était «sûr» pour les enfants de 5 à 11 ans. Pour les spécialistes interrogés par Le Figaro , l’information est à prendre avec du recul même si les résultats sont prometteurs. Il faut faire la part entre information marketing à destination des «investisseurs» et réelle avancée. Car les données sont encore partielles du fait du faible effectif ayant participé aux essais.

Les chiffres à retenir

  • 50,2 millions de personnes ont reçu une première dose (74,5% de la population).
  • 47,9 millions de Français ont un schéma vaccinal complet (71 % de la population).

Source : Direction générale de la Santé au 22 septembre

Fake news. Reprenons: «le vaccin sauve des vies, le virus tue». Des antivax voudraient faire croire, qu’au contraire, le vaccin aurait provoqué 25.000 décès en Europe. Un chiffre issu des données de pharmacovigilance en accès libre sur le web. Ce sont en réalité une compilation des «événements indésirables» déclarés par les professionnels de santé ou les patients eux-mêmes. «Ils ont été notifiés seulement parce qu’ils sont advenus après une injection de vaccin mais la coïncidence temporelle ne préjuge en rien de la causalité», explique Jean-Luc Cracowski, directeur du centre de pharmacovigilance du CHU de Grenoble. Ils sont à distinguer des «effets indésirables» pour lesquels le lien de causalité a été établi.

3. L’épidémie en baisse mais gare à l’automne

Si la pression hospitalière est en baisse, les épidémiologistes craignent toutefois une reprise de l’épidémie à la faveur de l’automne. JEFF PACHOUD / AFP

Équinoxe. L’automne s’installe et avec lui l’inquiétude de voir l’épidémie repartir à la faveur des mauvais jours. Les indicateurs sont bel et bien au vert: taux d’incidence, nombre de cas et pression hospitalière en baisse. «On ne sait pas encore comment va se comporter le variant Delta avec l’arrivée de l’automne, note cependant l’épidémiologiste Mircea Sofonea. Des inconnues demeurent alors que le taux de vaccination varie selon les âges et les territoires. Dans les colonnes du Parisien, Arnaud Fontanet craint un renouvellement du scénario de l’an passé : «On avait observé la même accalmie fin septembre 2020, avant un coup de froid qui avait déclenché la deuxième vague en France et dans les pays voisins», se méfie le membre du Conseil scientifique, qui «s’attend donc à un redémarrage de l’épidémie à l’automne». Le vaccin cependant devrait être un bouclier assez sûr pour éviter tout couvre-feu. Le variant Delta est maintenant majoritaire dans le monde. Selon l’OMS, il est présent dans 185 pays et a supplanté les autres variants préoccupants Alpha, Bêta et Gamma. «Ce virus est devenu plus fort, il est plus transmissible et il est en train de concurrencer, de remplacer les autres virus qui circulent», a déclaré la directrice de l’équipe technique Covid-19 à l’OMS, Maria Van Kerkhove.

Les chiffres à retenir

  • 1656 malades en soins critiques (-88 depuis la veille)
  • 8414 patients hospitalisés (-180 depuis la veille)
  • 6794 nouveaux cas détectés en 24 heures
  • 59 décès en 24 heures (116.309 morts depuis le début de l’épidémie)

Source : Santé publique France au 22 septembre

Manque de soignants. Si, au niveau national, l’hôpital souffle un peu, ce n’est pas le cas partout. Au groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud-Alsace (GHRMSA), le plan blanc est déclenché en raison d’un manque de personnel. En plus d’un déficit chronique de ses effectifs, 169 employés du groupe ont été suspendus après l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale pour les soignants la semaine dernière. Dans le Golfe du Morbihan, l’Île-aux-Moines a failli se retrouver fort dépourvue après le refus de son unique médecin généraliste de se faire vacciner. Ce dernier, prêt à fermer son cabinet, a fini par céder.

4. La citation

On s’attend à des dégâts que l’on ne mesure pas encore. Les examens à distance, que la crise nous a contraints à mettre en place, ne permettent pas de vérifier les apprentissages de base. Beaucoup d’étudiants ne savent pas vraiment apprendre et retenir. Et ils ne s’en aperçoivent que lorsqu’ils sont évalués en présentiel.

Anne Fraisse, présidente de l’université Paul Valéry, à Montpellier.

Rentrée universitaire. Après deux années de Covid et d’enseignement en distanciel, les présidents d’université s’inquiètent du niveau de leurs élèves. D’autres cependant pointent une baisse de niveau antérieure à la crise sanitaire. «Nos étudiants sont d’aussi bons juristes que par le passé. Sauf qu’ils font plus de fautes d’orthographe, constate ainsi Stéphane Braconnier, président de l’université Panthéon-Assas. Cela n’est pas lié au Covid .» En attendant les étudiants se réjouissent de retrouver la vie d’avant au sein de leurs établissements. «J’avais hâte de découvrir la vraie vie étudiante, tout ce dont on a été privés l’an dernier. Quasiment tous les profs nous ont dit qu’ils étaient contents de nous revoir. Et on a l’impression qu’ils accordent une attention particulière à rendre leurs cours interactifs et vivants», se réjouit ainsi un jeune homme.

5. Calendrier, passe et masques

Passe sanitaire. Depuis le 21 juillet, le passe sanitaire est exigé pour se rendre dans les lieux de culture et de loisirs accueillant plus de 50 personnes (cinéma, théâtre, concerts, festivals, etc.). De même pour les restaurants, les bars, à l’intérieur comme à l’extérieur, dans les trains, les cars et les avions, les maisons de retraite et établissements médicaux depuis le 9 août dernier . Les lieux de culte ne sont pas concernés. Il est désormais obligatoire pour se rendre dans les centres commerciaux de plus de 20.000 m², si le taux d’incidence du département est supérieur à 200. Les jeunes de 12 à 17 ans en sont exemptés jusqu’au 30 septembre. Pour rappel, le passe sanitaire n’est pas un certificat de vaccination. Pour qu’il soit valide, il faut être soit totalement vacciné depuis une semaine, soit présenter un test PCR ou antigénique négatif de moins de 72 heures ou une preuve de guérison (un test positif) de plus de 11 jours et de moins de 6 mois. Il se présente sous la forme d’un QR code stocké dans l’application TousAntiCovid ou sous format papier.

Le port du masque est toujours obligatoire dans les lieux clos et à l’extérieur lorsque la distanciation n’est pas possible (marchés, files d’attente, quais de gares, etc.). Certaines communes ont cet été réimposé le masque en extérieur dans certains lieux très fréquentés. Dans les lieux culturels où le passe sanitaire est exigé, il n’est pas obligatoire sauf décision contraire du gérant de l’établissement ou du préfet. À partir du 4 octobre, il ne sera plus obligatoire pour les enfants dans les écoles primaires situées dans les départements où le taux d’incidence est en deçà du seuil d’alerte (50 cas pour 100.000 habitants).

Un certificat pour voyager. Depuis le 1er juillet, les Européens peuvent voyager plus facilement au sein du continent grâce à des preuves certifiées de vaccination ou de tests négatifs rassemblées dans un document unique. En format numérique ou papier. Attention cependant, chaque pays peut continuer d’appliquer des règles spécifiques.

6. Les réflexes à conserver

Le virus se transmet par les gouttelettes et les aérosols. Les gestes barrières détaillés par le ministère de la Santé doivent être observés pour se protéger et protéger les autres:

  • Se laver les mains régulièrement ou utiliser du gel hydroalcoolique
  • Tousser ou éternuer dans le pli de son coude
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique
  • Porter un masque dans les espaces publics quand la distance de deux mètres ne peut pas être respectée
  • Respecter une distance d’au moins deux mètres avec les autres
  • Limiter au maximum ses contacts sociaux (6 maximum)
  • Eviter de se toucher le visage
  • Aérer les pièces le plus souvent possible, au minimum quelques minutes toutes les heures
  • Saluer sans serrer la main et arrêter les embrassades

7. Que faire en cas de symptômes ?

La maladie se manifeste par plusieurs symptômes, le plus souvent la toux et la fièvre.

Le plus important est de se faire tester. Selon les recommandations du ministère de la Santé, vous devez, en cas de symptômes, rester à domicile et contacter votre médecin qui vous prescrira un test. En attendant le résultat, vous devez vous isoler, porter un masque et préparer la liste des personnes que vous auriez pu contaminer. Dans le cas où le test est positif, le projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, prévoit un isolement de 10 jours obligatoire dans le lieu de son choix. Des contrôles seront «assurés par les forces de l’ordre sur une amplitude horaire spécifique, de 8h à 23h», a précisé mardi le ministre de la Santé devant la commission des Lois.

À la semaine prochaine.

.




The article from the source

Tags

Related Articles

Back to top button
Close