«La première responsable de #SaccageParis, c’est la maire de Paris elle-même»

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Interrogée sur RTL au sujet de la campagne sur les réseaux sociaux qui l’accuse d’avoir enlaidi et sali la capitale, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a accusé Pierre Liscia de prendre part au mouvement. Le porte-parole du mouvement Libres! lui répond.

Pierre Liscia est porte-parole du mouvement «Libres!» de Valérie Pécresse et auteur de «La Honte» (Albin Michel).

FIGAROVOX. – Ce matin sur RTL, la maire de Paris, Anne Hidalgo, vous a accusé d’être derrière la campagne #SaccageParis. En êtes-vous, comme elle le sous-entend, l’initiateur?

Pierre LISCIA. – J’ai découvert l’existence de ce hashtag «Saccage Paris» ce week-end quand il était dans les tendances des mots-clés les plus partagés du moment sur Twitter et alors que certains comptes proches de la maire de Paris m’accusaient d’être derrière cette opération. Mon premier tweet sur ce sujet a d’ailleurs été pour démentir ces accusations infondées. À ce moment-là, #SaccageTwitter était déjà massivement relayé et n’a pas eu besoin de mon concours pour atteindre cette visibilité. Si vous remontez l’historique du hashtag, il a été tweeté pour la première fois le 21 mars et a été relayé essentiellement par des comptes personnels de simples Parisiens. Aujourd’hui, aucun appareil politique n’est capable d’organiser une campagne numérique de cette envergure: plus de 30 000 tweets publiés, plusieurs centaines de milliers de partages et des reprises dans la presse nationale et internationale. N’en déplaise à la maire de Paris, je ne suis pas le grand orchestrateur de cette opération. C’est me donner bien trop d’importance!


La première responsable de #SaccageParis, c’est la maire de Paris elle-même : si elle avait capable de garantir aux Parisiens une ville propre et belle, ce hashtag n’aurait jamais vu le jour.

La première responsable de #SaccageParis, c’est la maire de Paris elle-même: si elle avait capable de garantir aux Parisiens une ville propre et belle, ce hashtag n’aurait jamais vu le jour. L’inélégance de ses propos et à virulence de sa charge à mon égard révèlent une grand fébrilité: elle préfère s’en prendre à ceux qui dénoncent la réalité de sa propre incurie plutôt que de se remettre elle-même en question et d’apporter aux Parisiens des réponses concrètent à leurs demandes légitimes. Quant à sa tentative de vouloir discréditer tous ceux qui ne sont pas d’accord avec elle en les associant à la droite ou à l’extrême-droite, c’est une façon de s’enfermer dans le déni et de refuser de répondre sur le fond. C’est très méprisant et je le regrette. Les Parisiens méritent mieux que ça. L’aspiration à vivre dans une ville belle, propre et entretenue, ce n’est pas une question de gauche ou de droite. C’est une question de respect des Parisiens.

Vous avez tout de même énormément relayé le hashtag «Saccage Paris», quels reproches faites-vous à la maire de Paris?

Je n’ai publié que six tweets à ce sujet. En revanche, j’ai effectivement apporté mon soutien à ce mouvement de libération de la parole des Parisiens qui ne supportent plus vivre dans un environnement dégradé, insalubre, avec des équipements urbains non entretenus et une voirie laissée à l’abandon. La première des compétences d’un maire, c’est de préserver le cadre de vie et la salubrité publique. Or, depuis 2014, Madame Hidalgo s’avère être parfaitement incapable d’assumer cette responsabilité. #SaccageParis ne se limite qu’à la seule question de propreté. C’est de façon plus large une dénonciation de l’enlaidissement général de notre capitale liés à des choix urbanistiques douteux, des projets d’aménagements désastreux et une gestion de la voirie calamiteuse.


#SaccageParis est une dénonciation de l’enlaidissement général de notre capitale liés à des choix urbanistiques douteux, des projets d’aménagements désastreux et une gestion de la voirie calamiteuse.

Ces dernières années, les Parisiens ont ainsi vu se multiplier les épaves urbaines: installations de pots de fleurs géants qui deviennent des dépotoirs infâmes, des pieds d’arbres soi-disant transformés en potagers urbains qui deviennent trous béants et boueux dans la chaussée, du mobilier urbain écologique qui n’est qu’un enchevêtrement désordonné́ de palettes en bois recyclé et qui pourrit littéralement sur la voie publique, des vestiges de tentatives avortées de végétalisation qui ne sont plus que des armatures métalliques rouillées et inesthétiques. Sans compter ce qui relève du manque chronique d’entretien de la voirie: des feux de signalisation en panne ou démembrés, rafistolés à grand coups de rubans adhésifs, des poteaux arrachés qui ne sont jamais remplacés, des nids de poule qui se multiplient, des séparateurs de pistes cyclables défoncés qui jonchent la chaussée, des palissades de chantiers abandonnées à chaque coin de rue, etc. Bref, la propreté est un immense motif de mécontentement des Parisiens, mais ce n’est pas le seul. La réalité, c’est que les Parisiens et aujourd’hui les Français sont écœurés de voir l’état de délabrement de la capitale de la France. Tout le monde fait le même constat, sauf la maire de Paris, qui ferme les yeux et préfère se retrancher dans son bureau doré de l’Hôtel de ville.

Malgré l’engouement populaire et spontané de cette campagne qui vise à dénoncer l’enlaidissement de la capitale, comment expliquez-vous qu’Anne Hidalgo ait été élue pour un deuxième mandat aux dernières élections municipales?

Le contexte des dernières municipales était très particulier. La crise des Gilets jaunes, puis les grèves dans les transports et enfin «l’affaire Griveaux» ont totalement escamoté toute possibilité d’avoir un débat serein sur tous les sujets de préoccupation quotidienne des Parisiens, sans tabou ni a priori. Enfin, la crise de la Covid a constitué une formidable prime aux sortants, sur fond d’abstention record. LREM a une responsabilité majeure dans la réélection d’Anne Hidalgo: en se maintenant coûte que coûte bien que n’ayant ni projet ni candidat, ils ont considérablement affaibli la candidature de Rachida Dati et ainsi ruiné tout espoir d’alternance. Ce qui est terrible c’est qu’ils n’ont pas tiré les leçons de leur débâcle et son prêt à récidiver en Île-de-France. D’ailleurs, ils le disent eux-mêmes: ils ont bien conscience de n’avoir aucune chance de remporter l’élection régionale, mais espèrent faire trébucher Valérie Pécresse et ainsi confier les clés de la Région à la même équipe qui dirige aujourd’hui Paris. Quand je vois ce que l’alliance des socialistes, des communistes et des écologistes a fait de Paris, je ne le souhaite pas pour la première région d’Europe.

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